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Guide·14 min de lecture

Fiscalité au Portugal pour les Français : guide complet 2026

Fiscalité au Portugal pour les Français : guide complet 2026

Points clés

  • Impôt sur le revenu progressif de 12,5 % à 48 % — mais le régime IFICI permet un taux forfaitaire de 20 %
  • Retraités français : les pensions privées peuvent être exonérées sous le régime IFICI pendant 10 ans
  • Pas d'impôt sur la fortune (ISF) au Portugal
  • Convention fiscale France-Portugal : évite la double imposition sur la majorité des revenus
  • Coût de la vie 30 à 40 % inférieur à la France avec un cadre de vie exceptionnel

Le Portugal reste l'une des destinations les plus attractives pour les Français qui envisagent une expatriation. Entre son climat ensoleillé, sa proximité géographique et culturelle, et surtout sa fiscalité compétitive, le pays attire chaque année des milliers de nouveaux résidents français — freelances, entrepreneurs, retraités ou salariés en télétravail.

Mais la fiscalité au Portugal a considérablement évolué ces dernières années, notamment avec la fin du statut NHR (Résident Non Habituel) et son remplacement par le régime IFICI en 2024. Dans ce guide, nous passons en revue tout ce qu'un Français doit savoir sur les impôts au Portugal : barème de l'impôt sur le revenu, régimes spéciaux, fiscalité des retraités, immobilier, et convention fiscale bilatérale. Si vous envisagez une expatriation au Portugal, cet article est votre point de départ.

1. L'impôt sur le revenu au Portugal (IRS)

Le Portugal applique un impôt sur le revenu progressif (IRS — Imposto sobre o Rendimento de Pessoas Singulares) qui fonctionne de manière similaire au système français. Voici les tranches en vigueur :

  • Jusqu'à 8 059 € : 12,5 %
  • De 8 059 € à 12 160 € : 16 %
  • De 12 160 € à 17 233 € : 21,5 %
  • De 17 233 € à 22 306 € : 24,4 %
  • De 22 306 € à 28 400 € : 31,4 %
  • De 28 400 € à 41 629 € : 34,9 %
  • De 41 629 € à 44 987 € : 43,1 %
  • De 44 987 € à 83 696 € : 44,6 %
  • Au-delà de 83 696 € : 48 %

Le taux d'imposition au Portugal va de 12,5 % à 48 %. Pour un revenu de 40 000 €, le taux effectif est d'environ 25 % — contre 30 % en France pour le même montant.

Résidence fiscale : la règle des 183 jours

Vous devenez résident fiscal au Portugal si vous remplissez l'une de ces conditions :

  • Vous séjournez au Portugal plus de 183 jours (consécutifs ou non) sur une année civile
  • Vous disposez d'une habitation au Portugal laissant supposer l'intention de l'occuper comme résidence habituelle

En tant que résident fiscal, vous êtes imposé sur vos revenus mondiaux. Les non-résidents ne sont imposés que sur les revenus de source portugaise.

2. Le régime IFICI : successeur du statut NHR

Le statut de Résident Non Habituel (NHR), qui a fait la renommée fiscale du Portugal pendant une décennie, a pris fin le 31 décembre 2023. Il a été remplacé par le régime IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), entré en vigueur en 2024.

Quels avantages ?

  • Taux forfaitaire de 20 % sur les revenus de source portugaise (contre jusqu'à 48 % au barème normal)
  • Exonération des revenus de source étrangère (hors pensions dans certains cas)
  • Pas de double imposition sur les dividendes, intérêts et royalties étrangers
  • Durée : 10 ans

Avec le régime IFICI, un freelance français qui s'installe au Portugal peut payer seulement 20 % d'impôt sur ses revenus portugais, contre 30-45 % en France — et ses revenus étrangers peuvent être exonérés.

Qui peut en bénéficier ?

Les conditions sont plus restrictives que l'ancien NHR :

  • Ne pas avoir été résident fiscal au Portugal au cours des 5 dernières années
  • Exercer une activité éligible : recherche scientifique, enseignement supérieur, tech, cadres qualifiés dans des entreprises réalisant des investissements productifs
  • Les professions « haute valeur ajoutée » (ingénieurs, médecins, architectes, auditeurs…) restent éligibles

Le régime IFICI est plus ciblé que le NHR : il vise à attirer des profils qualifiés plutôt que des retraités. C'est un changement majeur pour les Français qui envisagent le Portugal.

3. Fiscalité des retraités français au Portugal

La question de l'imposition des retraités français au Portugal est l'une des plus fréquentes. Le Portugal a longtemps été un eldorado fiscal pour les retraités européens grâce au NHR. La donne a changé.

Pensions privées

Sous l'ancien NHR, les pensions de retraite privées (régime général, complémentaires) de source française bénéficiaient d'une exonération totale, puis d'un taux réduit de 10 %. Avec le régime IFICI, les retraités exerçant une activité éligible peuvent encore bénéficier du taux de 20 %, mais l'exonération pure n'existe plus pour les pensions seules.

Pensions de la fonction publique

En vertu de la convention fiscale France-Portugal, les pensions de la fonction publique française restent imposées en France. Seules les pensions du secteur privé peuvent être imposées au Portugal si vous y êtes résident fiscal.

Attention : un retraité de la fonction publique française continuera à payer ses impôts en France sur sa pension, même en vivant au Portugal. Seules les pensions privées suivent le pays de résidence.

Le Portugal reste-t-il intéressant pour les retraités ?

Oui, pour plusieurs raisons :

  • Le coût de la vie est 30 à 40 % inférieur à la France
  • Pas d'impôt sur la fortune (ISF) au Portugal
  • Les plus-values immobilières sur la résidence principale sont exonérées sous conditions
  • Le climat, la sécurité (score 9/10) et le système de santé de qualité (indice 85/100)
  • Les anciens bénéficiaires du NHR conservent leurs avantages jusqu'à expiration

4. Fiscalité des non-résidents au Portugal

Si vous possédez des biens ou percevez des revenus au Portugal sans y résider, vous êtes soumis à la fiscalité des non-résidents. Le régime est assez différent :

  • Revenus locatifs : taxés à un taux forfaitaire de 25 % (ou 28 % selon les cas), prélevé à la source
  • Plus-values immobilières : imposées à 28 % sur le gain net. Les non-résidents UE/EEE peuvent opter pour le barème progressif si c'est plus avantageux
  • Dividendes de source portugaise : retenue à la source de 28 %, réduite à 15 % par la convention fiscale France-Portugal
  • Intérêts : retenue à la source de 28 %, réduite à 12 % par convention

Les non-résidents français possédant un bien locatif au Portugal paient 25 % d'impôt sur les loyers — sans les cotisations sociales françaises, ce qui peut être avantageux par rapport à un investissement en France.

5. Fiscalité immobilière au Portugal

L'immobilier est souvent un volet clé de l'expatriation au Portugal. Voici les principaux impôts à connaître :

IMI — Impôt foncier annuel

L'impôt foncier au Portugal (IMI — Imposto Municipal sobre Imóveis) est l'équivalent de la taxe foncière française. Les taux varient selon la commune :

  • Propriétés urbaines : 0,3 % à 0,45 % de la valeur patrimoniale (VPT)
  • Propriétés rurales : 0,8 %
  • Exonération possible de 3 ans pour la résidence principale (sous conditions de revenu)

C'est nettement plus bas qu'en France, où la taxe foncière peut facilement atteindre 1 à 2 % de la valeur du bien.

IMT — Droits de mutation (frais d'acquisition)

Lors de l'achat d'un bien, vous payez l'IMT (Imposto Municipal sobre Transmissões). Le taux est progressif :

  • De 1 % à 8 % selon le prix et le type de bien
  • Résidence principale : exonération jusqu'à 101 917 € (2026)
  • Un droit de timbre (Imposto de Selo) de 0,8 % s'ajoute systématiquement

Fiscalité de la résidence secondaire au Portugal

Si vous achetez une résidence secondaire au Portugal, pas d'exonération d'IMT, et les revenus locatifs (si vous louez) sont taxés à 28 %. À la revente, les plus-values sont imposées à 28 % sur 50 % du gain net pour les résidents, ou à 28 % sur la totalité pour les non-résidents.

6. Fiscalité des entreprises au Portugal

Si vous créez votre activité au Portugal, voici le cadre fiscal :

Impôt sur les sociétés (IRC)

  • Taux normal : 19 % (contre 25 % en France)
  • PME (CA < 50 M€) : taux réduit de 17 % sur les premiers 50 000 € de bénéfice
  • Surtaxe municipale (Derrama) : 0 % à 1,5 % selon la commune
  • Surtaxe d'État : 3 % à 9 % au-delà de 1,5 M€ de bénéfice

Avec un taux effectif autour de 19-21 % pour une PME, la fiscalité des entreprises au Portugal est significativement plus basse que les 25 % français — et la création d'entreprise prend seulement 5 jours.

Freelances et travailleurs indépendants

Les freelances au Portugal peuvent opter pour le régime simplifié (regime simplificado) si leur CA est inférieur à 200 000 €. Seuls 75 % des revenus de prestations de services sont pris en compte pour le calcul de l'impôt (coefficient de 0,75), ce qui réduit l'assiette fiscale.

Combiné au régime IFICI (20 % flat), un freelance qualifié peut atteindre un taux effectif très compétitif.

7. TVA au Portugal

Le Portugal applique trois taux de TVA (IVA) :

  • Taux normal : 23 % (continent) — 22 % à Madère, 16 % aux Açores
  • Taux intermédiaire : 13 % (restauration, alimentation…)
  • Taux réduit : 6 % (produits de première nécessité, livres, transports…)

Le seuil de franchise de TVA est de 13 500 € de CA annuel — en dessous, les petites entreprises et freelances en sont exonérés.

8. Convention fiscale France-Portugal

La convention fiscale entre la France et le Portugal est cruciale pour éviter la double imposition. Signée en 1971 et révisée depuis, elle définit quel pays a le droit de taxer chaque type de revenu :

  • Salaires : imposés dans le pays où le travail est exercé
  • Pensions privées : imposées dans le pays de résidence (Portugal si vous y vivez)
  • Pensions publiques : imposées en France
  • Revenus immobiliers : imposés dans le pays où le bien est situé
  • Dividendes : retenue à la source limitée à 15 %
  • Intérêts : retenue à la source limitée à 12 %
  • Plus-values immobilières : imposées dans le pays du bien

En pratique, un Français résidant au Portugal déclare ses revenus mondiaux au Portugal et bénéficie d'un crédit d'impôt pour les impôts déjà payés en France, évitant ainsi la double imposition.

9. Cotisations sociales au Portugal

Les cotisations sociales sont un poste souvent sous-estimé. Au Portugal :

  • Salariés : 11 % à charge du salarié + 23,75 % à charge de l'employeur (total : 34,75 %)
  • Indépendants : 21,4 % sur 70 % du revenu déclaré (soit un taux effectif d'environ 15 %)
  • Exonération de 12 mois pour les nouveaux travailleurs indépendants

Comparé aux cotisations françaises (environ 45 % du brut pour un salarié côté employeur), le Portugal est nettement plus compétitif, surtout pour les indépendants.

10. Avantages fiscaux du Portugal vs France : le comparatif

Voici un résumé des principaux avantages fiscaux du Portugal pour un Français :

  • Pas d'ISF / IFI : le Portugal n'a pas d'impôt sur la fortune. Si vous avez un patrimoine important, c'est un avantage considérable
  • Impôt foncier bas : 0,3-0,45 % contre 1-2 % en France
  • IS à 19 % contre 25 % en France
  • Régime IFICI : 20 % flat tax pendant 10 ans pour les profils éligibles
  • Coût de la vie : 1 200 €/mois pour une personne seule à Lisbonne ou Porto (contre 1 800-2 000 € à Paris)
  • Convention fiscale : pas de double imposition

Pour un freelance français gagnant 60 000 € par an, le passage au Portugal avec le régime IFICI peut représenter une économie d'impôts de 8 000 à 12 000 € par an, sans compter la baisse du coût de la vie.

Vous voulez simuler votre économie fiscale au Portugal ? Faites le quiz Fiscalia pour obtenir une estimation personnalisée en 2 minutes.

11. Démarches pratiques pour s'installer

Voici les étapes clés pour votre expatriation fiscale au Portugal :

  1. Obtenir un NIF (Número de Identificação Fiscal) : c'est votre numéro fiscal portugais. Obligatoire pour tout — ouvrir un compte bancaire, signer un bail, créer une entreprise
  2. Choisir votre visa : D7 (revenus passifs/retraite), D8 (digital nomad) ou D2 (entrepreneur). Les citoyens UE n'ont pas besoin de visa
  3. S'inscrire auprès des Finanças : l'administration fiscale portugaise, pour déclarer votre résidence fiscale
  4. Demander le régime IFICI : dans les délais impartis après votre inscription comme résident
  5. Informer le fisc français : déclarer votre changement de résidence fiscale (formulaire 2042-NR l'année du départ)

La création d'entreprise au Portugal prend en moyenne 5 jours et peut se faire largement en ligne.

FAQ

Quel est le taux d'imposition au Portugal pour un Français ?

Le taux dépend de votre profil. Au barème normal, l'impôt sur le revenu au Portugal va de 12,5 % à 48 %. Avec le régime IFICI (si éligible), vous bénéficiez d'un taux forfaitaire de 20 % pendant 10 ans. Pour un revenu de 40 000 €, le taux effectif normal est d'environ 25 %.

Les retraités français paient-ils des impôts au Portugal ?

Oui. Depuis la fin du NHR, les pensions privées françaises sont imposées au barème normal portugais (12,5 % à 48 %). Les pensions de la fonction publique restent imposées en France. Le Portugal reste néanmoins attractif grâce à l'absence d'ISF et au coût de la vie bas.

Comment fonctionne la convention fiscale entre la France et le Portugal ?

La convention évite la double imposition en définissant quel pays taxe chaque type de revenu. En général, les salaires sont imposés là où le travail est effectué, les pensions privées dans le pays de résidence, et les revenus immobiliers dans le pays du bien. Un crédit d'impôt est accordé pour les impôts déjà payés dans l'autre pays.

Le statut NHR existe-t-il encore au Portugal ?

Non, le NHR (Résident Non Habituel) a pris fin le 31 décembre 2023. Il a été remplacé par le régime IFICI, plus ciblé sur les professions scientifiques, tech et haute valeur ajoutée. Les personnes qui bénéficiaient déjà du NHR conservent leurs avantages jusqu'à expiration.

Faut-il payer l'exit tax en quittant la France pour le Portugal ?

L'exit tax s'applique si vous détenez des participations supérieures à 800 000 € ou représentant plus de 50 % d'une société. Le Portugal étant dans l'UE, vous bénéficiez d'un sursis automatique de paiement. Consultez notre article sur les erreurs fiscales à éviter lors d'une expatriation pour plus de détails.

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