La Roumanie s'est imposée ces dernières années comme une destination de choix pour les expatriés européens, les freelances du numérique et les entrepreneurs à la recherche d'une fiscalité compétitive. Membre de l'Union européenne depuis 2007, le pays offre un cadre fiscal parmi les plus attractifs du continent, combiné à un coût de la vie très bas.
Dans ce guide, nous passons en revue tous les aspects de la fiscalité roumaine : impôt sur le revenu, micro-entreprise, impôt sur les sociétés, TVA, cotisations sociales, et bien plus. Si vous envisagez une expatriation en Roumanie, cet article est votre point de départ.
1. L'impôt sur le revenu : le flat tax à 10 %
L'un des principaux atouts fiscaux de la Roumanie est son impôt sur le revenu à taux unique de 10 % (flat tax). Contrairement à la France ou à la Belgique où les taux sont progressifs et peuvent dépasser 45 %, la Roumanie applique un taux fixe sur l'ensemble des revenus des personnes physiques.
10 % flat tax : la Roumanie applique un taux unique sur tous les revenus des personnes physiques, contre jusqu'à 49 % en France.
Qui est concerné ?
Tout résident fiscal roumain est soumis à cet impôt sur ses revenus mondiaux. Vous devenez résident fiscal si :
- Vous avez votre domicile en Roumanie
- Vous passez plus de 183 jours par an sur le territoire roumain
- Votre centre d'intérêts économiques se trouve en Roumanie
Le taux de 10 % s'applique aux salaires, aux revenus d'activités indépendantes, aux revenus locatifs et aux dividendes. Les plus-values mobilières sont également imposées à 10 %.
Comparaison avec d'autres pays
Pour mettre ce taux en perspective, voici ce que paient les expatriés ailleurs en Europe :
- France : jusqu'à 45 % (+ 4 % de contribution exceptionnelle)
- Espagne : jusqu'à 47 % (selon la communauté autonome)
- Portugal : jusqu'à 48 % (hors régime IFICI)
- Roumanie : 10 % fixe
Consultez notre classement des pays à la fiscalité la plus basse pour une vue complète.
2. La micro-entreprise roumaine (SRL micro)
Le régime de micro-entreprise est sans doute l'atout fiscal le plus connu de la Roumanie. Il permet aux petites sociétés de payer un impôt sur le chiffre d'affaires au lieu de l'impôt sur les bénéfices.
Conditions d'éligibilité
- Chiffre d'affaires annuel inférieur à 500 000 EUR
- Au moins un salarié (le dirigeant peut être salarié de sa propre société)
- Le capital social n'est pas détenu à plus de 25 % par l'État
- La société ne doit pas exercer dans certains secteurs exclus (banque, assurance, jeux de hasard)
Le taux d'imposition
Depuis les dernières réformes, le taux de la micro-entreprise est de 1 % du chiffre d'affaires si la société a au moins un salarié. Ce taux est exceptionnellement bas comparé à n'importe quel autre pays européen.
Pour un CA de 100 000 EUR, l'impôt micro ne sera que de 1 000 EUR. Charge fiscale totale (avec dividendes) : environ 11 % du CA.
Concrètement, pour un chiffre d'affaires de 100 000 EUR, l'impôt sera de seulement 1 000 EUR. Ajoutez les dividendes à 8 % et les cotisations sociales, et la charge fiscale totale reste très compétitive.
Création d'un SRL en Roumanie
La création d'une société à responsabilité limitée (SRL) est simple et rapide :
- Capital social minimum : 200 RON (environ 40 EUR)
- Délai de création : 3 à 5 jours ouvrés
- Coût total : entre 500 et 1 500 EUR (comptable + frais administratifs)
- Siège social : nécessaire, peut être un bureau virtuel
Pour comprendre les implications fiscales lors de votre déménagement, consultez notre article sur les erreurs fiscales à éviter lors de l'expatriation.
3. L'impôt sur les sociétés (corporate tax)
Pour les entreprises qui ne sont pas éligibles au régime micro (CA > 500 000 EUR ou secteurs exclus), l'impôt sur les bénéfices est de 16 %. Ce taux reste inférieur à la moyenne européenne de 21,3 %.
Les sociétés soumises à l'impôt sur les bénéfices peuvent déduire toutes les charges professionnelles légitimes, ce qui peut réduire significativement la base imposable.
4. Les cotisations sociales
C'est le point qui nuance l'attractivité fiscale roumaine. Les cotisations sociales sont relativement élevées :
- CAS (assurance pension) : 25 % à la charge du salarié
- CASS (assurance maladie) : 10 % à la charge du salarié
- CAM (assurance travail) : 2,25 % à la charge de l'employeur
Pour un dirigeant de SRL, l'optimisation consiste souvent à se verser un salaire minimum (environ 4 050 RON brut en 2025) et à compléter avec des dividendes (imposés à 8 %). Cela réduit considérablement la charge sociale globale.
5. La TVA en Roumanie
Le taux standard de TVA est de 19 %, un taux parmi les plus bas de l'UE. Il existe aussi des taux réduits :
- 9 % : alimentation, hébergement touristique, médicaments
- 5 % : livres, logements sociaux, entrées culturelles
Les micro-entreprises dont le CA est inférieur à 300 000 RON (environ 60 000 EUR) peuvent bénéficier d'une exonération de TVA, ce qui simplifie grandement la gestion comptable.
6. Dividendes et optimisation
Les dividendes versés par un SRL roumain sont imposés à 8 %. Combiné au taux micro de 1 %, la charge fiscale totale sur les bénéfices distribués est d'environ 8,92 % — un taux exceptionnellement bas.
Charge fiscale totale pour un freelance à 80 000 EUR/an : environ 11 % du CA, contre 40-55 % en France.
Voici un exemple concret pour un freelance générant 80 000 EUR de CA annuel :
- Impôt micro (1 %) : 800 EUR
- Salaire minimum annuel brut : ~2 900 EUR net après charges
- Cotisations sociales sur le salaire : ~2 200 EUR
- Dividendes distribués : ~74 000 EUR
- Impôt sur les dividendes (8 %) : ~5 920 EUR
- Charge fiscale totale : ~8 920 EUR, soit environ 11 % du CA
Comparez cela avec les 40-55 % de charge globale en France pour un profil similaire. Pour explorer d'autres destinations à faible fiscalité, consultez notre guide sur les avantages fiscaux de Hong Kong.
7. Le coût de la vie
Au-delà de la fiscalité, le coût de la vie en Roumanie est un autre argument de poids. Bucarest est 50 à 60 % moins chère que Paris pour la vie quotidienne :
- Loyer (appartement 2 pièces en centre-ville) : 500-700 EUR/mois
- Restaurant (repas pour deux, milieu de gamme) : 30-50 EUR
- Internet (fibre optique) : 8-12 EUR/mois (l'un des moins chers et plus rapides d'Europe)
- Transport en commun (abonnement mensuel) : 20 EUR
Des villes comme Cluj-Napoca, Timișoara ou Brașov offrent une qualité de vie excellente avec un tissu technologique dynamique.
8. Avantages et inconvénients pour les expatriés
Les avantages
- Flat tax à 10 % sur les revenus
- Micro-entreprise à 1 % du CA
- Dividendes à 8 %
- Coût de la vie très bas
- Membre de l'UE (liberté d'installation)
- Internet ultra-rapide et bon écosystème tech
- Procédures de création de société simples et rapides
Les inconvénients
- Cotisations sociales élevées sur les salaires
- Bureaucratie parfois lente et complexe
- Infrastructures routières en développement
- Barrière de la langue (le roumain est la seule langue officielle)
- Changements législatifs fréquents (les règles fiscales évoluent souvent)
9. Conventions fiscales et double imposition
La Roumanie a signé des conventions de double imposition avec plus de 90 pays, dont la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Cela signifie que vous ne serez pas imposé deux fois sur les mêmes revenus si vous respectez les règles de résidence fiscale.
Avant de vous expatrier, vérifiez bien les conditions de sortie fiscale de votre pays d'origine. La France, par exemple, impose un exit tax sur les plus-values latentes pour les portefeuilles supérieurs à 800 000 EUR. Consultez notre article sur les erreurs fiscales à éviter lors de l'expatriation.
10. Comment s'installer en Roumanie ?
Pour les citoyens de l'UE, la procédure est simple :
- Enregistrement de résidence : se rendre à l'Inspectoratul General pentru Imigrări avec un contrat de bail
- Obtention du NIF (numéro d'identification fiscale) : nécessaire pour toute activité économique
- Ouverture d'un compte bancaire : les banques roumaines acceptent facilement les résidents européens
- Création du SRL : via le Registrul Comerțului, délai de 3 à 5 jours
Pour les non-européens, un visa de long séjour et éventuellement un permis de travail sont nécessaires.
La Roumanie offre l'un des environnements fiscaux les plus attractifs d'Europe, particulièrement pour les freelances, développeurs, consultants et entrepreneurs du numérique. Le régime micro-entreprise à 1 %, combiné au flat tax à 10 % et aux dividendes à 8 %, permet de conserver une part très importante de ses revenus.
Cependant, il est essentiel de bien comprendre les cotisations sociales, les obligations déclaratives et les changements législatifs fréquents. Un accompagnement par un comptable local est fortement recommandé.
Pour comparer la Roumanie avec d'autres destinations populaires, consultez notre fiche pays Roumanie ou utilisez notre comparateur Roumanie vs Portugal.
FAQ
Quel est le taux d'imposition en Roumanie pour un freelance ?
Un freelance opérant via un SRL micro en Roumanie paie 1 % d'impôt sur le chiffre d'affaires, plus 8 % sur les dividendes distribués. La charge fiscale totale tourne autour de 11 % du CA, bien inférieure aux 40-55 % habituels en France.
Faut-il un visa pour s'installer en Roumanie ?
Les citoyens de l'UE n'ont pas besoin de visa. Il suffit de s'enregistrer auprès des autorités locales après 90 jours de séjour. Les non-européens doivent obtenir un visa de long séjour.
Combien coûte la création d'un SRL en Roumanie ?
Le coût total se situe entre 500 et 1 500 EUR, incluant les frais de comptable et les frais administratifs. Le capital social minimum est de seulement 200 RON (environ 40 EUR).
La Roumanie a-t-elle une convention fiscale avec la France ?
Oui, la France et la Roumanie ont signé une convention de double imposition qui évite d'être imposé deux fois sur les mêmes revenus. Consultez notre fiche pays Roumanie pour plus de détails.
Quel est le coût de la vie à Bucarest ?
Bucarest est environ 50-60 % moins chère que Paris. Un appartement 2 pièces en centre-ville coûte 500-700 EUR/mois, et le budget mensuel total pour une personne seule tourne autour de 1 000-1 500 EUR.